Depuis le Covid, la visioconférence est entrée massivement dans les usages professionnels. Mais maintenant que les voyages reprennent, la question se pose vraiment : quand vaut-il la peine de se déplacer, et quand la visio est-elle suffisante ?
Les ordres de grandeur font réfléchir. Un trajet Paris-Lyon aller-retour en TGV représente environ 3 kg de CO₂e. Le même trajet en voiture individuelle : 130 kg. En avion : 200 kg. Le choix du mode de transport écrase presque tout le reste.
Une heure de visioconférence en HD représente environ 150 à 400 g de CO₂e selon les estimations (réseau, serveurs, équipements des participants). C'est incomparablement moins qu'un déplacement, sauf si la visio rassemble 30 personnes avec caméra allumée pendant 8 heures.
Mais la visio a des limites réelles que l'enthousiasme post-Covid a parfois occultées. Elle ne remplace pas certaines formes de relation : première rencontre client, négociation complexe, team building, moments informels qui cimentent une équipe. La question n'est pas "visio ou voyage" de façon binaire.
Des critères simples aident à décider : est-ce une relation déjà établie ? L'objectif peut-il être atteint par écrit ou en visio ? Le trajet est-il accessible en train en moins de 4h ? Si oui sur ces trois points, la visio ou un appel s'impose clairement.
Les voyages d'affaires représentent en moyenne 20 à 30 % de l'empreinte carbone d'une PME. C'est un levier direct, souvent sous-estimé par les dirigeants qui se concentrent sur l'énergie du bâtiment ou les déchets.
Si le déplacement est inévitable, privilégiez le train même pour des distances de 4 à 5 heures. Les nuits en train (Paris-Marseille, Paris-Bordeaux) permettent de ne pas perdre une journée de travail et de voyager bas carbone sur des distances qui justifieraient autrement un vol intérieur.
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